Cheville & genou
Douleur pendant la course, gêne dans les escaliers, cheville qui semble manquer de mobilité ou genou sensible après l’entraînement… Les membres inférieurs absorbent et transmettent des contraintes importantes dans de nombreuses pratiques sportives.
L’objectif est de comprendre comment vous vous appuyez, comment votre jambe travaille dans le mouvement et ce qui peut participer à votre gêne pendant l’activité.

COMPRENDRE LA GÊNE
Pourquoi ma cheville ou mon genou me gêne-t-il pendant le sport ?
Courir, sauter, accélérer ou changer de direction demande une coordination entre le pied, la cheville, le genou, la hanche et le bassin. Une douleur ressentie à un endroit précis ne signifie donc pas nécessairement que tout se joue uniquement à cet endroit.
La gêne peut aussi varier selon le type d’effort. Certaines douleurs apparaissent dès les premières minutes, d’autres après une certaine distance ou seulement le lendemain d’un entraînement.
Le terrain, les chaussures, une modification récente de la charge d’entraînement ou la reprise après une période d’arrêt peuvent également modifier les contraintes auxquelles votre corps doit s’adapter.
Ce qui m’intéresse est donc de comprendre dans quel geste votre douleur apparaît et comment votre membre inférieur fonctionne à ce moment-là.
Faut-il toujours chercher un « mauvais appui » ?
Non. Nous avons naturellement des appuis et des façons de bouger qui nous sont propres. Une asymétrie ne signifie pas automatiquement qu’il existe un problème à corriger.
Je cherche surtout à savoir si certains mouvements sont limités, douloureux ou mal tolérés dans le contexte précis de votre pratique sportive.
CE QUE J’OBSERVE
Ce que je regarde lorsque votre cheville ou votre genou vous gêne
Une douleur qui apparaît uniquement en courant ou lors d’un changement de direction ne s’évalue pas seulement allongé sur une table. Lorsque c’est pertinent, je cherche à reproduire une partie des contraintes rencontrées dans votre sport.
Je vais notamment observer :
- la mobilité de votre cheville et de votre genou ;
- votre appui sur une jambe puis sur l’autre ;
- la façon dont le genou se comporte lors d’une flexion ou d’un squat ;
- la participation du pied, de la hanche et du bassin ;
- certains gestes proches de votre pratique : impulsion, réception, changement d’appui… ;
- les différences éventuelles entre le côté douloureux et l’autre côté.
Je prends également en compte le moment précis où votre douleur apparaît pendant l’effort et l’évolution de votre charge d’entraînement.
L’objectif est de rapprocher ce que j’observe en consultation de ce que votre corps doit réellement réaliser sur le terrain.
À LA MAISON
3 choses simples à observer pendant votre pratique
Entre deux entraînements, quelques observations permettent parfois de mieux comprendre une douleur de cheville ou de genou sans transformer chaque séance en analyse biomécanique.
01
Repérez quand la douleur commence
Après 500 mètres ou 10 kilomètres ? Lors des accélérations ? En descente ? À froid ou plutôt après l’effort ? Essayez de repérer le moment précis où la gêne apparaît, plutôt que simplement de noter que vous avez eu mal pendant votre séance.
02
Comparez quelques mouvements simples
Sans chercher la performance, essayez une flexion de genou ou un équilibre sur une jambe de chaque côté. Observez surtout vos sensations : un côté vous semble-t-il moins stable, plus raide ou simplement différent ?
03
Regardez ce qui a changé récemment
Augmentation du kilométrage, nouvelles chaussures, reprise après des vacances, nouveau sport, davantage de dénivelé ou séances plus rapprochées… Lorsqu’une douleur apparaît, regardez les deux ou trois semaines qui l’ont précédée. Le changement est parfois plus instructif que le geste lui-même.
Une impossibilité de prendre appui, un gonflement important après un traumatisme, une déformation, un blocage du genou ou une douleur importante et inhabituelle nécessitent une évaluation médicale adaptée.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Cheville et genou chez le sportif : vos questions
Cela dépend de la douleur, de son intensité, de son évolution et de ce qui la provoque. Une gêne légère et stable n’a pas la même signification qu’une douleur qui augmente à chaque entraînement ou modifie votre façon de courir. Plutôt qu’un « oui » ou un « non » systématique, je cherche à déterminer quelle charge votre genou tolère actuellement et si certains signes justifient d’interrompre l’activité ou de demander un avis médical.
Oui, certaines personnes conservent après une entorse une sensation de raideur, une appréhension, une diminution de mobilité ou des épisodes d’instabilité. Cela ne signifie pas nécessairement que la cheville est encore « déplacée ». Je regarde plutôt ce qu’elle a réellement récupéré en termes de mouvement, d’appui et de fonction. Une rééducation avec un kinésithérapeute peut également être particulièrement pertinente.
Elles peuvent modifier les contraintes, mais il est rarement pertinent d’expliquer une douleur uniquement par une paire de chaussures. Le changement de modèle, la transition vers un autre type de chaussure et surtout la manière dont cette modification s’intègre dans votre entraînement peuvent être plus intéressants à considérer. Je préfère regarder l’ensemble : matériel, charge, terrain, récupération et fonctionnement du membre inférieur.
Pas systématiquement. Beaucoup de douleurs sportives peuvent d’abord être évaluées cliniquement. En revanche, certains traumatismes, blocages, gonflements importants, douleurs persistantes ou éléments retrouvés pendant l’examen peuvent justifier une imagerie ou un avis médical. Si je considère qu’un examen complémentaire est nécessaire, je préfère vous orienter avant de poursuivre la prise en charge.





