Ostéopathie du sportif: blessures et traumatismes

Blessures et traumatismes

APRÈS LA BLESSURE

Pourquoi une gêne peut-elle persister après un traumatisme ?

Après une blessure, le corps s’adapte naturellement. Pendant quelques jours ou plusieurs semaines, on peut modifier ses appuis, protéger une articulation, éviter certains mouvements ou solliciter davantage une autre partie du corps.

Ces adaptations sont souvent utiles au départ. Mais lorsque l’activité reprend, certaines peuvent continuer alors qu’elles ne sont plus nécessaires : une cheville moins sollicitée, une rotation évitée, un mouvement effectué différemment ou une zone qui reste particulièrement raide.

Il est également fréquent que le sportif ait retrouvé ses capacités dans la vie quotidienne mais ressente encore une différence lorsque la vitesse, les impacts ou l’intensité augmentent.

Ce qui m’intéresse est donc autant la zone initialement blessée que la manière dont vous avez recommencé à bouger depuis.

D’abord vérifier que la blessure permet cette approche

L’ostéopathie ne remplace pas le diagnostic et la prise en charge d’une blessure aiguë.

Après un traumatisme récent ou important, la priorité est d’écarter une fracture, une lésion nécessitant un traitement spécifique ou toute autre situation relevant d’une prise en charge médicale.

CE QUE J’OBSERVE

Ce que je regarde après une blessure ou un traumatisme

Je commence par reprendre l’histoire de la blessure : ce qui s’est passé, les examens éventuellement réalisés, les traitements reçus, la période d’arrêt et la manière dont vous avez repris votre activité.

Je vais notamment observer :

  • les mouvements qui restent différents depuis le traumatisme ;
  • la mobilité de la zone initialement touchée ;
  • les éventuelles stratégies d’évitement apparues depuis la blessure ;
  • votre façon de charger ou de protéger spontanément la zone ;
  • les mouvements sportifs qui restent inconfortables ou difficiles ;
  • les régions voisines qui ont pu être davantage sollicitées pendant la récupération.

Selon la blessure et votre sport, je peux également vous demander de reproduire un geste simple proche de celui qui vous pose encore problème, lorsque cela est possible sans risque.

L’idée est de distinguer ce qui relève encore de la récupération normale de ce qui peut être travaillé, et de vous orienter si la situation nécessite une autre prise en charge.

À LA MAISON

3 repères utiles après une blessure

En dehors de la consultation, quelques observations permettent de mieux suivre votre récupération sans chercher à tester continuellement la zone blessée.

01

Comparez avec votre quotidien

Monter un escalier, vous accroupir, enfiler une veste, porter quelque chose… Repérez si certains gestes ordinaires sont redevenus naturels ou si vous continuez à les effectuer différemment sans vous en rendre compte.

02

Observez votre confiance dans le mouvement

Il arrive qu’un mouvement soit physiquement possible mais que vous hésitiez encore à le réaliser rapidement ou complètement. Cette appréhension fait partie des éléments intéressants à prendre en compte lors d’une reprise.

03

Regardez ce qui se passe le lendemain

La réaction après l’effort apporte une information différente de celle ressentie pendant l’entraînement. Observez notamment si une séance entraîne une augmentation inhabituelle de douleur, de raideur ou de gonflement dans les heures qui suivent ou le lendemain.

En cas de douleur importante après un traumatisme, gonflement majeur, déformation, impossibilité d’utiliser normalement un membre, perte de force brutale ou symptômes neurologiques, un avis médical est nécessaire.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Blessure sportive et ostéopathie : vos questions

Cela dépend avant tout du type de traumatisme. Lorsqu’une blessure est récente et qu’un doute existe sur sa gravité, le diagnostic médical passe en premier. L’ostéopathie peut avoir davantage sa place secondairement, notamment lorsque la phase aiguë est passée et que certaines limitations ou modifications du mouvement persistent. Le moment pertinent dépend donc de la blessure, de son évolution et des soins déjà mis en place.

Oui, particulièrement lorsqu’une gêne, une raideur ou une sensation de différence persiste depuis l’événement. L’objectif n’est pas de considérer automatiquement qu’une douleur actuelle vient d’une ancienne blessure, mais de vérifier si certaines modifications de mobilité ou de mouvement sont encore présentes aujourd’hui.

Pas nécessairement. L’imagerie et l’examen du mouvement apportent des informations différentes. Une imagerie rassurante peut écarter certaines atteintes sans pour autant renseigner sur votre aisance à courir, sauter, tourner ou reprendre un geste sportif. À l’inverse, une gêne persistante ne signifie pas nécessairement qu’une lésion a été manquée. L’évolution clinique reste donc importante.

L’absence de douleur est un élément favorable, mais ce n’est pas toujours le seul critère. Selon la blessure, il faut parfois retrouver suffisamment de mobilité, de force, de contrôle et de confiance avant une reprise complète. Après certaines blessures, une rééducation et une reprise progressive encadrée par un professionnel de santé sont particulièrement importantes.

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