Mâchoire & orthodontie

Mâchoire et orthodontie chez l’enfant et l’adolescent

COMPRENDRE LA MÂCHOIRE

Pourquoi la mâchoire de mon enfant peut-elle devenir sensible ?

La mâchoire est sollicitée en permanence pour parler, manger, bâiller ou déglutir. Son fonctionnement évolue également avec la croissance, la dentition et, chez certains enfants, les traitements orthodontiques.

Des crispations, un serrement des dents ou certaines habitudes peuvent s’accompagner de tensions musculaires. Un enfant peut aussi signaler des craquements, une fatigue lorsqu’il mâche ou une sensation de gêne autour des joues et des tempes.

Ce qui m’intéresse en consultation est de comprendre comment sa mâchoire fonctionne, dans quelles circonstances la gêne apparaît et comment elle s’intègre dans son contexte dentaire ou orthodontique.

L’ostéopathie ne remplace pas le suivi orthodontique

Lorsqu’un enfant porte un appareil, le traitement et son suivi restent du ressort de l’orthodontiste. Mon intervention ne vise ni à modifier l’occlusion ni à agir sur le déplacement des dents, mais à accompagner certaines tensions ou gênes fonctionnelles associées.

CE QUE J’OBSERVE

Ce que je regarde lorsqu’un enfant se plaint de la mâchoire

La mâchoire ne se résume pas aux dents. Je m’intéresse surtout à la façon dont elle fonctionne pendant différents mouvements et aux situations qui font apparaître la gêne.

Je vais notamment observer :

  • l’ouverture et la fermeture de la bouche ;
  • la présence éventuelle d’un décalage, d’un craquement ou d’une douleur pendant ces mouvements ;
  • les zones sensibles au niveau des muscles de la mâchoire et des tempes ;
  • les habitudes de serrement ou de crispation, notamment dans les périodes de concentration ou de stress ;
  • le contexte dentaire et orthodontique ainsi que l’évolution des symptômes depuis les derniers ajustements.

L’objectif est de distinguer ce qui relève d’une tension fonctionnelle de ce qui nécessite plutôt l’avis du dentiste ou de l’orthodontiste.

À LA MAISON

3 choses simples à repérer au quotidien

En dehors de la consultation, certains petits détails peuvent aider à comprendre quand et comment la mâchoire de votre enfant devient inconfortable.

01

Écouter ce qu’il se passe quand il mange

Certains aliments sont-ils plus difficiles à mâcher ? Votre enfant privilégie-t-il systématiquement un côté ? Ressent-il une fatigue ou une douleur après les repas ? Observez surtout si la mastication modifie ses symptômes.

02

Repérer les moments où il serre les dents

Devoirs, jeux vidéo, concentration, contrariété, sommeil… Certains enfants crispent leur mâchoire sans s’en rendre compte. Repérer les moments où cela se produit est souvent plus utile que de lui demander constamment de se détendre.

03

Faire le lien avec les rendez-vous orthodontiques

S’il porte un appareil, notez quand la gêne apparaît : juste après un réglage, plusieurs jours plus tard ou indépendamment des rendez-vous. Cela permet de voir si les symptômes suivent réellement les différentes étapes du traitement.

Des tensions qui reviennent, une mâchoire moins mobile, des douleurs au réveil ou un inconfort apparu pendant un traitement orthodontique sont autant de bonnes raisons de faire le point en consultation d’ostéopathie.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Mâchoire, orthodontie et ostéopathie : vos questions

Oui, une sensibilité des dents ou une sensation de tension pendant quelques jours peut être normale après le réglage d’un appareil orthodontique. Les forces appliquées sur les dents sont modifiées et votre enfant peut avoir besoin d’un peu de temps pour s’y adapter.

Lorsque l’inconfort concerne également la mâchoire, les muscles du visage, les cervicales ou s’accompagne d’une sensation de tension plus globale, une séance d’ostéopathie peut être intéressante. Je regarde alors la mobilité de la mâchoire, son ouverture, les tensions musculaires associées ainsi que la mobilité du cou et du haut du dos.

Cela peut notamment être pertinent si votre enfant serre davantage les dents, ressent des tensions après chaque réglage, a plus de difficulté à ouvrir confortablement la bouche ou commence à se plaindre de maux de tête associés.

L’objectif n’est évidemment pas de modifier le travail réalisé par l’orthodontiste, mais d’accompagner votre enfant pendant son traitement afin qu’il conserve une mâchoire aussi mobile et confortable que possible.

Un craquement isolé et indolore n’indique pas nécessairement un problème. Il devient plus pertinent d’en parler lorsqu’il s’accompagne de douleur, de blocages, d’une difficulté à ouvrir la bouche ou d’une évolution récente. Selon la situation, un avis dentaire ou médical peut être nécessaire afin de déterminer l’origine du problème.

Oui. Le serrement ou le grincement des dents, appelé bruxisme, peut créer ou entretenir des tensions importantes au niveau de la mâchoire et des muscles du visage. Chez certains enfants ou adolescents, cela peut se traduire par une mâchoire fatiguée ou sensible au réveil, des tensions au niveau des tempes, des cervicales, voire des maux de tête.

Le bruxisme peut avoir plusieurs facteurs. Le stress, la fatigue, certaines périodes émotionnellement chargées ou les changements du quotidien peuvent notamment influencer le serrement des dents, particulièrement chez l’adolescent. Le corps peut parfois exprimer ainsi une tension que l’enfant ne verbalise pas forcément : cela ne signifie pas que « tout est psychologique », mais c’est un élément que je trouve intéressant à prendre en compte dans son ensemble.

En consultation d’ostéopathie, je m’intéresse à la mobilité de la mâchoire, aux muscles sollicités, aux cervicales et au haut du dos, mais également au contexte dans lequel le serrement apparaît. Lorsqu’il existe des tensions musculosquelettiques associées, le travail ostéopathique peut permettre de diminuer ces tensions et de retrouver davantage de confort et de mobilité au niveau de la mâchoire.

L’objectif n’est donc pas seulement de constater que votre enfant serre les dents, mais de comprendre ce qui peut accompagner ou entretenir ses tensions et d’agir sur les éléments sur lesquels nous pouvons avoir une influence.

Non. Porter un appareil orthodontique n’est absolument pas, à lui seul, une raison de consulter un ostéopathe. Si le traitement se déroule bien et que votre enfant ne présente aucune gêne particulière, il n’y a pas de suivi ostéopathique systématique à prévoir. Une consultation peut plutôt être envisagée lorsqu’une gêne fonctionnelle ou des tensions particulières apparaissent, en complément et sans se substituer au suivi orthodontique.

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